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Les écologistes au Conseil de Paris

Conseil de Paris de février 2014

Au chevet d’Airparif, le « thermomètre » de la qualité de l’air

Intervention de Christophe Najdovski

mercredi 12 février 2014

Une station de mesure de la qualité de l’air, initialement située à Issy-Les-Moulineaux a été relocalisée à Paris

Nous examinons aujourd’hui une délibération relative à l’implantation d’une station de mesure de la qualité de l’air au centre sportif Suzanne Lenglen dans le 15e arrondissement.

Ce que la délibération ne dit pas, c’est que cette installation est en réalité une relocalisation suite au retrait d’une station AIRPARIF à Issy-les-Moulineaux l’été dernier. En effet, M. le Député-maire d’Issy-les-Moulineaux, M. SANTINI, avait exigé en juin dernier la fermeture de cette station de mesure.

La raison de ce retrait : cette station avait le défaut d’être dans un jardin et de mesurer une pollution de fond, ce qui, manifestement, ne plaît pas au Député-maire M. SANTINI.

Il semblerait d’ailleurs que, au-delà d’Issy-les-Moulineaux, le Président du Conseil général des Hauts-de-Seine s’acharne lui aussi pour mettre à mal l’association. Au début de l’année 2013, le Conseil général des Hauts-de-Seine, par la personne de son Président M. DEVEDJIAN, avait déjà supprimé, purement et simplement, la subvention que versait le Département des Hauts-de-Seine à AIRPARIF, toujours pour cette question de la surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France.

Les élus de Droite et du Centre des Hauts-de-Seine chercheraient à faire des économies !

Économies de bouts de chandelle réalisées sur le dos d’AIRPARIF qui, pourtant, dépense dans ce département des Hauts-de-Seine 10 % de son budget, alors que la contribution de ce même département au budget d’AIRPARIF n’est que de 1,4 %.

Compte tenu du montant versé au profit du Département des Hauts-de-Seine, on aurait pu croire une participation supplémentaire de ce Département plutôt que la suppression de sa subvention.

Ne faut-il pas voir plutôt dans ce geste la volonté politique d’empêcher toute mesure de la qualité de l’air dans un bassin de population, qui est traversé par de nombreuses voies routières, dont la route départementale 7 qui sera d’ailleurs bientôt doublée et transformée en une autoroute urbaine.

Pourtant, AIRPARIF note dans son rapport 2012 que plus de 40 % des habitants de ce département, soit près d’un demi-million de personnes, sont potentiellement exposés à des valeurs de dioxyde d’azote qui est un polluant d’origine automobile qui dépasse la valeur limite annuelle.

Au lieu de s’engager dans une démarche d’amélioration de la qualité de vie et de la qualité de l’air de ses habitants, eh bien, le Président du Conseil général des Hauts-de-Seine et le député-maire d’Issy-les-Moulineaux préfèrent visiblement casser le thermomètre.

Alors, la pollution de l’air, nous le savons, a des effets délétères sur la santé. L’O.M.S., l’Organisation Mondiale de la Santé, l’a classée comme cancérogène. Il y a malheureusement en France 42.000 décès prématurés dus à la pollution de l’air. L’espérance de vie, d’ailleurs, des Parisiens est même réduite de six à huit mois en raison de la mauvaise qualité de l’air.

Cet hiver, notre Capitale Paris, ainsi que de nombreuses agglomérations françaises, ont connu près d’une semaine continue de pics de pollution aux particules fines qui sont notamment émises par les véhicules diesel.

Pendant cet épisode de pollution, j’avais d’ailleurs demandé, hélas en vain, que la Mairie de Paris saisisse la Préfecture de police pour mettre en place la circulation alternée, accompagnée de la gratuité des transports en commun.

Pour en revenir à la question d’AIRPARIF, il me semble que nous devons, au contraire, poursuivre les aides qui sont versées à cette association et que la subvention que nous leur versons pour mesurer quotidiennement la qualité de l’air est une subvention utile.

Je tiens d’ailleurs à rendre hommage au travail qui est réalisé par cette association pour la mesure de la qualité de l’air et aussi le service qu’elle rend aux Parisiens en matière de santé publique ainsi qu’aux Franciliens.

Nous voterons, bien sûr, cette délibération en regrettant que certains élus de Droite en Ile-de-France préfèrent supprimer les stations de mesure de la qualité de l’air plutôt que de mieux mesurer et de mieux lutter contre cette pollution.

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