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Les écologistes au Conseil de Paris

Projet de délibération DEVE 7

Jardins partagés : déjà 10 années d’un succès mérité

mercredi 12 février 2014

Yves Contassot est intervenu pour se féliciter de la création de jardins partagés depuis désormais près de 10 ans à Paris, soulignant tous les bienfaits environnementaux mais également sociaux de ces initiatives, qui remportent un succès toujours grandissant, en particulier dans les quartiers populaires.

Ces délibérations sont l’occasion de tirer un bilan de ce qui a été fait en matière de jardins partagés, puisque l’année dernière le programme a fêté ses dix ans avec un bilan très positif et aujourd’hui, je m’en félicite, avec un consensus politique, ce qui n’était pas le cas, il faut bien le dire en 2003 quand on a lancé les premiers jardins partagés.

Comme l’a souligné l’audit de l’Inspection générale, il s’agit d’un programme très peu coûteux pour la Ville en investissement et en fonctionnement, avec un rayonnement qui dépasse les adhérents nombreux des associations.

Et durant cette mandature, il faut souligner que les interfaces avec d’autres programmes, d’autres directions de la Ville se sont diversifiées, et la nature des projets également : les programmes nature avec la DPVI, les jardins solidaires avec la DASES, le renforcement de la participation de la DASCO dans le cadre de la réforme des rythmes éducatifs, le développement de projets participatifs de végétalisation de l’espace public avec la DVD, le projet de vergers collectifs, et on pourrait continuer la liste longtemps comme cela.

Ce qui est intéressant aussi, c’est de voir que les raisons les plus importantes dans l’esprit général du fonctionnement du jardin, selon les associations elles-mêmes (sondage effectué en 2011) sont d’abord la convivialité et le fait de rencontrer des gens, puis l’éducation à l’environnement, le jardinage ne vient en réalité qu’en quatrième position.

Soixante-quinze jardins sont signataires de la charte « Main verte », dont quarante-quatre créations durant cette mandature, ce qui confirme la pertinence du programme et il faut dire qu’il y a en moyenne sept à huit jardins nouveaux créés chaque année. Sur l’ensemble de la ville, c’est aujourd’hui trois hectares de jardins partagés qui ont le label « Main verte ».

Ce qui est également intéressant, c’est de voir la situation de ces terrains. Près de la moitié sont dans des espaces verts, mais 30 % sur des dents creuses, pérennes ou non, 16 %sur des terrains qui n’appartiennent pas à la Ville, que ce soient des bailleurs sociaux ou R.F.F., et près de la moitié des jardins partagés, Main Verte, sont situés dans les 18e, 19e et 20e arrondissements, même si, durant ce mandat, des projets dans les arrondissements centraux à l’ouest ont néanmoins commencé à se développer.

Plus de 40 % des jardins « Main Verte » sont dans des secteurs politiques de la Ville, et je voudrais insister sur ce point, parce que cela va totalement à l’encontre de l’image bobo que des journalistes, parfois, dépeignent et qu’on entend murmurer parmi certains élus.

Je crois qu’il faut aussi souligner que les jardins éphémères sont de plus en plus propices à devenir des terrains d’expression collective et de réappropriation de son environnement. Cela pose la question, d’ailleurs, de la place des friches dans la Ville, territoires souvent considérés comme des stocks fonciers disponibles à la construction.

A l’heure où les politiques publiques tendent à renforcer les liens sociaux, à développer la solidarité, et alors même que les urbains désirent une proximité plus grande avec une nature de plus en plus libre, ces territoires en marge méritent que l’on porte sur leur devenir un regard neuf et porteur de solutions durables pour nos villes et pour leurs habitants. Les friches suscitent un intérêt croissant de la part des citadins, les potentiels qu’elles portent sont en effet multiples, à l’image des jardins partagés, des collectifs d’artistes, etc.

Ces espaces sont souvent mal perçus, il faut bien le dire, mais ils ne sont pas pour autant protégés de réalités économiques et foncières qui amènent bien souvent, trop souvent, à des arbitrages politiques, favorisant des projets dits rentables, qui ne sont pourtant pas forcément les plus adéquats pour le devenir d’un quartier et le bien-être de ses habitants.

Ces espaces invitent à repenser l’aménagement du territoire, à les intégrer dans une stratégie de planification urbaine en appréhendant l’état de friche comme un parti-pris d’aménagement au sein des politiques urbaines.

La ville durable, c’est aussi la ville innovante qui ne court pas nécessairement après la ville rentable.

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