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Les écologistes au Conseil de Paris

Conseil de Paris de février 2014

Le nouveau Jean Bouin ne fait pas le plein

Intervention d’Yves Contassot

lundi 10 février 2014

Inauguré en août dernier dernier, le stade est passée de 10 000 à 20 000 places. Mais il n’a pas encore prouvé son utilité sociale

Ces trois délibérations portent sur des avenants visant à indemniser les concepteurs du projet pour des frais supplémentaires, pour un total d’environ 800.000 euros toutes taxes comprises, et qui seront financés, nous dit-on, sur la part du budget de l’opération qui avait été réservée pour d’éventuels aléas dans la réalisation du budget. Il est précisé que le budget alloué à l’opération reste donc inchangé.

Nous n’avons donc pas matière, sur la question strictement financière de ces avenants, à contester leur bien-fondé. En revanche, six mois après l’inauguration du nouveau stade, un point nous semble utile sur l’affluence dans la nouvelle enceinte et donc sur son utilité sociale.

La capacité d’accueil de Jean Bouin, vous le savez, est passée en août 2013 de 10.000 à 20.000 places, au prix d’une reconstruction intégrale. Or, à deux exceptions près sur les huit derniers matchs, match d’inauguration, puis la réception de Toulon, le stade n’a jamais affiché complet, que ce soit en Top 14 ou en coupe d’Europe, et on peut dire qu’il n’a quasiment jamais dépassé 15.000 spectateurs.

Le récent match face à Castres, pourtant champion de France, n’a ainsi rassemblé que 10.000 spectateurs. On est très loin de l’audience qui nous avait été annoncée et on est à moins de la moitié de la capacité totale d’accueil.

La lecture de ces chiffres montre qu’un stade rénové de 15.000 places, sans destruction de l’existant, aurait sans doute largement suffi au Stade français, quitte à organiser, comme il le faisait dans le passé, quelques matchs en complément au Stade de France, pourquoi pas d’ailleurs au Parc des Princes, ce qui avait été envisagé à un moment.

L’utilité réelle sociale du nouveau stade Jean Bouin n’est donc, hélas, pas démontrée et nous pensons qu’une gestion saine des équipements publics aurait sans doute permis de faire une rénovation de l’arène parisienne à 15.000 places, sans démolition, pour un coût qui, probablement, n’aurait pas dépassé 40 millions d’euros.

En économisant ainsi 120 millions d’euros, on aurait pu construire soit une vingtaine de gymnases polyvalents, utilisés tous les jours par les Parisiens ou les clubs, ou une trentaine de crèches, c’est-à-dire 1.800 places.

Au lieu d’avoir 5.000 places vides une fois par mois, nous aurions préféré, en ce qui nous concerne, 1.800 places de crèches occupées 5 jours par semaine.

La ville durable, c’est aussi la ville qui répond aux besoins quotidiens, et pas la ville des grands projets inutiles imposés.

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